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Apprendre à avoir confiance en sa compétence parentale.

                          

L’apprentissage des compétences liées à la parentalité est le lieu du partage de savoirs profanes et professionnels, c’est de cette place que nous allons examiner comment instaurer, restaurer, les compétences parentales avec le concours de professionnels dans une démarche d’acquisition des savoirs partagés.

Il est courante de  traiter dans les médias (TV,Radio,Presse,Réseaux sociaux).. les réseaux sociaux, les fictions de traiter des problèmes et des solutions liées au rôle de parent, des épreuves que traversent les parents tout au long de leur vie, ainsi que leurs capacités à se  mobiliser individuellement pour influer de façon positive leur rôle auprès de leurs enfants. 

Il s’agit d’une réalité,  d’un sentiment d’incapacité parental,  de ne pas  se « sentir à la hauteur ».

 Les parents (pères, mères) les co-parents construisent un sentiment de compétence.Concrètement c’est  la prise en compte de sa réalité parentale, de son comportement en tant que tel, er du développement de capacités qui influent positivement sur le développement de l’enfant.

Ceci à partir de l’idée que les parents se font du « bon parent » dans la relation qu’ils entretiennent avec leur enfant.

À contrario quand l’enfant présente des comportements tels que l’agitation, l’opposition, voire de l’agressivité, les parents ne se vivent plus comme de « bon parent » suffisamment compétents face au défi qu’impose de façon inhabituelle le comportement de leur enfant. Cette situation provoque un stress important au sein de la cellule familiale.

C’est à partir de ce constat que  I- Roskam* propose :

La solution du « Confident Parent » que l’on peut traduire par « parent confiant » qui a pour objectif d’améliorer le comportement parent de l’enfant dès le plus jeune âge, il s’agit d’une prise en charge par des professionnels d’une durée de  8 semaines à raison d’une séance hebdomadaire en groupe dont l’objectif est de créer des liens, développer des apprentissages sociaux, d’identification du sentiment de compétence  parental, d’évaluer de leur efficacité.

Un questionnaire est délivré aux parents à la suite à l’observation des professionnels dans le cadre d’un travail unnimodal de compétence parentale.

Il s’agit d’une méthode de travail innovante dans la prise en charge de la compétence parentale car les interventions ciblent les compétences cognitives du sentiment de compétence parentale qui sont constituées de perceptions que chaque parent a de sa propre compétence parentale.Cette méthode rend compte des  des représentations liées aux aux croyances, aux  pensées, aux objectifs que le parent active quand il éduque un enfant.

Cela permet au professionnel qui accompagne les parents  de comprendre le comportement de l’enfant et celui du ou des parents.

Les travaux académiques sur les compétences parentales de l’auteur s’appuient sur la théorie de l’apprentissage sociale qui propose des solutions pour stimuler, restaurer le sentiment de compétence parentale chez les parents qui se sentent dépassés.

Le sentiment de compétence contribue à la compréhension des relations entre un individu et son environnement.

Il peut servir d’indicateur à l’engagement, la satisfaction, l’ajustement aux tâches parentales.

Ce sentiment n’est pas inné il s’acquiert au fil des expériences vécues avec l’enfant, il est remis en question en permanence selon que les expériences sont positives ou négatives, le sentiment de compétence se renforce ou vacille d’un moment à l’autre, parfois d’une situation à une autre. 

Les situations vécues avec l’enfant ne sont pas les seules sources de changement du sentiment de compétences, il est multifactorielles.

La compétence parentale nécessite un apprentissage social qui permet aux parents d’évaluer de façon consciente ou non, leurs propres capacités à surmonter les difficultés face à des situations similaires   en référence aux  modèles les plus influents que sont:  La famille, le conjoint, les grands parents, les soeurs , les frères ,les amis, les  proches..

Le sentiment de compétence parentale s’appuie sur des tâches dites spécifiques telles que donner le bain, le repas, le coucher, l’habillage, les temps de jeu avec l’enfant, l’explication des règles de la vie quotidienne la veille à leur respect. Le parent peut se sentir compétent par exemple pour jouer avec l’enfant mais pas pour les apprentissages. Il peut être spécifique à la relation avec chaque enfant et non pas globalement avec la fratrie.Un parent peut se sentir compétent avec un nourrisson qui demande des soins alors que la relation avec un adolescent peut le mettre en difficulté. Les liens entre le sentiment de compétence et les comportements éducatifs des parents de façon générale sont considérés de la manière suivante  dans  l’étude « Confident Parent »

Les parents qui se sentent compétents se comportent en adoptant un haut niveau de soutien envers leur enfant et un faible niveau de soutien se manifeste par exemple par le contrôle négatif, le chantage affectif, les punitions sévères corporelles, l’ignorance de l’enfant, la discipline inconsistante (menacer de punir l’enfant et finalement ne pas le faire).Le sentiment de compétence éducative exerce une influence indirecte sur le comportement de l’enfant (obéissance, engagement de l’enfant dans la relation, émotions positives) le comportement positif chez l’enfant contribue à renforcer le sentiment de compétence chez le parent par boucle de rétroaction: Concrètement lorsque l’enfant se comporte bien il suscite un bon sentiment de compétence chez le parent. 

À l’inverse les parents qui ont un sentiment de compétence faible se comportent de façon incontrôlable.

Ils redoutent tellement que l’enfant soit ingérable, ne les écoute pas, qu’ils essaient de le maîtriser par des punitions sévères, des cris, menaces (souvent irréalistes).

Ces comportements éducatifs engendrent le plus souvent de la résistance chez l’enfant, par boucles de rétroaction les réactions difficiles de l’enfant impactent négativement le sentiment de compétence du parent.

Ce qu’il faut retenir:

Il n’existe pas  un prototype de comportement parental susceptible de faire disparaitre les difficultés de l’enfant.

Le professionnel de l’aide et de l’accompagnement n’intervient pas en tant que « coach » qui instruit les parents sur la meilleure manière d’élever un enfant difficile, ce qui par ailleurs peut alimenter de fausses croyances sur la garantie de maîtrise de pratiques éducatives garantissant le développement positif de l ‘enfant.

L’intervention professionnelle cible le sentiment de compétence parentale pour lui permettre de tester de ce sentiment  à travers l’intervention en groupe, et l’amélioration  du comportement de l’enfant.

L’approche du « Confident Parent » est innovante, elle répond à un besoin d’accompagnement de la parentalité adaptée à l’environnement, aux croyances, à la culture.

La pratique vise le « self empowerment » c’est à dire le développement du pouvoir d’agir individuel et collectif des parents.

*I .Roskam- La prise en charge des troubles du comportement du jeune enfant, ed, Mardaga supérieur. 

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